Asalée en liquidation judiciaire : ce qui change d'ici au 30 décembre
Placée en liquidation le 29 septembre, Asalée poursuit son activité jusqu'au 30 décembre. Salaires, reprise, cabinets partenaires : le point.
Concerne : Infirmiers, Médecins

En bref
- Selon l'AFP, le tribunal des activités économiques de Paris a prononcé le 29 septembre 2026 la liquidation judiciaire de l'association Asalée, en autorisant la poursuite de son activité jusqu'au 30 décembre 2026.
- Les candidats à la reprise d'Asalée ont jusqu'au 30 novembre 2026 à 17 h pour déposer une offre, selon un avis du tribunal cité par l'AFP.
- Selon le ministère de la Santé, l'Assurance maladie maintient son financement pendant la poursuite d'activité et les infirmières Asalée restent payées jusqu'au 30 décembre.
- Selon l'Assurance maladie, Asalée salarie environ 2 000 infirmières qui travaillent avec quelque 9 000 médecins généralistes adhérents, pour un financement de 100 millions d'euros en 2025.
- Asalée était en redressement judiciaire depuis le 27 mars 2026, après la suspension de ses financements par l'Assurance maladie, son financeur quasi unique.
Ce que ça change pour vous
- Poursuivez le suivi des patients en binôme : l'activité d'Asalée est autorisée jusqu'au 30 décembre 2026.
- Suivez l'issue de la procédure de reprise, dont le dépôt des offres est clos le 30 novembre 2026 à 17 h, avant d'organiser la suite de vos suivis au-delà du 30 décembre.
- Adressez vos questions sur votre contrat de travail aux représentants du personnel ou aux organes de la procédure, si vous êtes infirmière Asalée.
Le 29 septembre 2026, le tribunal des activités économiques de Paris a prononcé la liquidation judiciaire de l’association Asalée, qui salarie environ 2 000 infirmières travaillant aux côtés de médecins généralistes, rapporte l’AFP. Selon la même source, le jugement autorise la poursuite de l’activité jusqu’au 30 décembre 2026. D’après un avis du tribunal consulté par l’AFP, les offres de reprise doivent être déposées au plus tard le 30 novembre à 17 h.
Le jugement n’était pas encore publié au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) le 30 septembre. Les informations ci-dessous viennent de l’Assurance maladie, du BODACC pour la phase de redressement, et, pour la décision du 29 septembre, de l’AFP et des déclarations du ministère de la Santé rapportées par la presse.
Qu’est-ce qu’Asalée, et comment en est-on arrivé là ?
Créé en 2004, Asalée (Action de santé libérale en équipe) organise une coopération entre médecins généralistes et infirmières pour suivre les patients atteints de maladies chroniques, notamment par des séances d’éducation thérapeutique. Les infirmières sont salariées de l’association et mises à disposition des médecins, en cabinet ou en maison de santé pluriprofessionnelle (MSP).
Selon l’Assurance maladie, l’association comptait fin mars 2 000 infirmières salariées et 9 000 médecins généralistes adhérents. Elle est financée presque entièrement par l’Assurance maladie depuis 2015, à hauteur de 100 millions d’euros en 2025, pour environ 1 450 équivalents temps plein infirmiers.
Le conflit remonte à un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) publié en juillet 2025, qui relevait selon la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam) de graves dysfonctionnements de gouvernance et de gestion. Dans un communiqué du 6 mars 2026, la Cnam explique avoir constaté près de huit mois plus tard que les mesures nécessaires n’avaient pas été engagées, et avoir suspendu ses financements. Fin mars, elle chiffrait à au moins 12 millions d’euros les cotisations sociales non versées par l’association.
Le 27 mars 2026, le tribunal a ouvert un redressement judiciaire, en fixant la date de cessation des paiements au 5 mars, selon l’annonce publiée au BODACC le 14 avril. Deux administratrices judiciaires ont alors reçu pour mission de gérer l’association, dont la gouvernance a été dessaisie.
Pourquoi une liquidation plutôt qu’un redressement ?
Le cabinet de la ministre de la Santé explique, selon les propos rapportés par Egora et Concours pluripro, qu’aucun plan de redressement n’a pu être construit. D’après lui, malgré les délais accordés, les transformations attendues n’ont pas été engagées « à la hauteur des enjeux ».
Le ministère insiste toutefois sur un point, cité par Concours pluripro : la liquidation de l’association « ne signifie aucunement l’arrêt du dispositif, ni l’abandon des infirmières Asalée ».
Que se passe-t-il jusqu’au 30 décembre ?
L’activité continue. D’après le cabinet de la ministre, relayé par Egora, l’Assurance maladie maintient son soutien financier et les salaires des infirmières sont payés pendant cette période.
| Date | Étape |
|---|---|
| 27 mars 2026 | Ouverture du redressement judiciaire |
| 29 septembre 2026 | Liquidation judiciaire avec poursuite d’activité |
| 30 novembre 2026, 17 h | Date limite de dépôt des offres de reprise |
| 30 décembre 2026 | Fin de la poursuite d’activité autorisée |
Qui peut reprendre le dispositif ?
Aucune des sources consultées ne mentionnait de candidat à la reprise au 30 septembre. Le code de commerce encadre la reprise d’une structure en liquidation par un plan de cession (articles L. 642-1 et suivants). Le tribunal choisit l’offre en tenant compte, notamment, du maintien de l’emploi (article L. 642-5). Les dirigeants de la structure liquidée sont en principe exclus des candidats (article L. 642-3).
Côté association, la Dre Margot Bayart, présentée comme sa présidente par Egora, évoque depuis avril un projet de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Selon Egora, un membre du conseil d’administration indique qu’un éventuel appel ne pourra être envisagé qu’une fois connue la motivation du jugement.
Le ministère dit vouloir faire émerger un modèle pérenne et transparent, conforme aux exigences d’utilisation des financements publics, rapporte Le Moniteur des pharmacies. Il ajoute que lui-même et l’Assurance maladie accompagneront la reprise.
Qu’est-ce que ça change pour les infirmières et les médecins ?
Pour les infirmières, l’activité continue jusqu’au 30 décembre et, selon le ministère, les salaires sont maintenus intégralement. Après cette date, tout dépend de la reprise. En cas de cession, le code du travail prévoit en principe le transfert des contrats des salariés repris au repreneur (article L. 1224-1).
Pour les médecins et les MSP qui accueillent une infirmière Asalée, le suivi des patients se poursuit jusqu’à fin décembre. Au-delà, aucune règle n’a été annoncée sur la continuité des binômes.
Que ne sait-on pas encore ?
- Les motifs du jugement du 29 septembre, qui n’ont pas été rendus publics.
- Le nombre et l’identité des candidats à la reprise.
- Les conditions de financement du futur porteur, que l’Assurance maladie disait fin mars vouloir examiner avec les administrateurs judiciaires.
- Le sort des binômes infirmière-médecin si aucune offre n’est retenue.
La prochaine étape est fixée au 30 novembre à 17 h, avec la clôture du dépôt des offres.
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Questions fréquentes
Les infirmières Asalée sont-elles payées jusqu'à la fin de l'année ?
Oui, selon le ministère de la Santé. Le tribunal a autorisé la poursuite de l'activité jusqu'au 30 décembre 2026 et l'Assurance maladie maintient son soutien financier pendant cette période.
Que se passe-t-il si aucune offre de reprise n'est retenue ?
Aucune source officielle ne l'a détaillé pour Asalée. En principe, en liquidation, les salariés qui ne sont pas repris sont licenciés pour motif économique par le liquidateur, et l'AGS garantit les sommes impayées.
Le dispositif Asalée va-t-il disparaître ?
Le ministère de la Santé affirme que la liquidation de l'association ne met pas fin au dispositif. Qui le portera en 2027, et sous quelle forme, n'est pas encore connu.
Les mots de l'article
Sources
- Annonce BODACC A n° 20260071, annonce n° 2398 du 14 avril 2026 – Association Asalée, jugement d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire — BODACC (DILA)
- Procédure de redressement judiciaire de l'association Asalée : la Cnam attentive à l'évolution de la situation — Assurance Maladie
- L'Assurance Maladie réitère son soutien au dispositif Asalée — ameli.fr
- En liquidation judiciaire, l'association Asalée doit trouver un repreneur d'ici le 30 novembre — Concours pluripro
- Liquidation judiciaire d'Asalée : ce qui va changer pour les infirmières et les médecins généralistes — Egora
- Asalée : la mise en liquidation judiciaire ouvre une nouvelle bataille pour sauver le dispositif — Le Moniteur des pharmacies
- Point presse de l'association Asalée (En ligne) — La Veille Acteurs de Santé
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