Arrêts de travail : motif obligatoire, plafonds et ALD, ce qui change

Motif médical et durées plafonnées depuis le 1er septembre, indemnisation des ALD non exonérantes réduite au 15 octobre : le point pour les prescripteurs.

Concerne : Médecins, Sages-femmes, Dentistes

Une médecin généraliste remplit un formulaire papier à son bureau, face à un patient vu de dos

En bref

  • Depuis le 1er septembre 2026, tout arrêt de travail pour maladie, hors accident du travail et maladie professionnelle, doit mentionner son motif médical, en application de l'article 81 de la LFSS pour 2026.
  • Un arrêt initial ne peut plus dépasser 31 jours et chaque prolongation 62 jours, sauf si le prescripteur justifie sur l'arrêt la nécessité d'une durée plus longue.
  • Le décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026, paru au Journal officiel du 18 septembre, ramène de trois ans à un an l'indemnisation maximale des arrêts liés à une ALD non exonérante.
  • Cette limite d'un an s'applique aux arrêts prescrits à partir du 15 octobre 2026 et aux arrêts en cours qui atteignent six mois à partir de cette date.
  • Au 30 septembre 2026, ameli.fr présente toujours le motif obligatoire et les plafonds de durée comme en vigueur, et service-public.fr les plafonds.

Ce que ça change pour vous

  • Renseignez le motif médical sur chaque arrêt maladie, dans l'e-AAT d'amelipro, votre logiciel ou, à défaut, le volet 1 du Cerfa sécurisé.
  • Justifiez dans la rubrique « éléments d'ordre médical » tout arrêt initial de plus de 31 jours ou toute prolongation de plus de 62 jours.
  • Interrogez votre éditeur si vous prescrivez via un logiciel intégré (AATi) : son adaptation est annoncée à partir de début 2027.
  • Anticipez les questions de vos patients en ALD non exonérante : leurs arrêts prescrits dès le 15 octobre 2026 seront indemnisés un an au plus.

Deux étages de la réforme des arrêts de travail se succèdent en six semaines. Depuis le 1er septembre 2026, le motif médical est obligatoire sur tout arrêt maladie et sa durée est plafonnée. Au Journal officiel du 18 septembre, un décret a ensuite réduit l’indemnisation des arrêts liés à certaines affections de longue durée (ALD), à compter du 15 octobre.

Qui est concerné par les nouvelles règles de prescription ?

Trois professions prescrivent des arrêts de travail : les médecins, les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes. L’Assurance maladie et service-public.fr les citent toutes les trois. Les règles valent pour tous les arrêts maladie, hors accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP). Les plafonds de durée ne s’appliquent pas à Mayotte.

Ces mesures découlent de l’article 81 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026. Le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 en a fixé les plafonds de durée.

Que devez-vous faire depuis le 1er septembre ?

D’abord, préciser systématiquement le motif médical de l’arrêt, sur chaque prescription initiale comme sur chaque prolongation.

Ensuite, respecter deux plafonds :

  • 31 jours au plus pour un arrêt initial ;
  • 62 jours au plus pour chaque prolongation.

Ces plafonds ne sont pas absolus. Vous pouvez prescrire plus long si vous justifiez sur l’arrêt la nécessité d’une durée supérieure, au regard des recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) quand elles existent.

Comment saisir le motif et la dérogation ?

Tout dépend de votre outil :

  • e-AAT sur amelipro ou logiciel compatible : le téléservice demande le motif. Si vous dépassez un plafond, il réclame automatiquement la justification ;
  • Cerfa papier sécurisé, en cas d’impossibilité technique : le motif se note au volet 1, dans la rubrique « éléments d’ordre médical ». La dérogation et sa justification s’y ajoutent, en attendant une nouvelle version du formulaire ;
  • Logiciels intégrés (AATi) : l’Assurance maladie annonce leur adaptation « à compter de début 2027 ».

Le motif obligatoire a-t-il été retiré ?

Non, selon les sources officielles consultées le 30 septembre 2026. L’actualité publiée par ameli.fr le 3 septembre présente toujours le motif comme obligatoire. La fiche de service-public.fr, mise à jour le 1er septembre, décrit les plafonds comme en vigueur. Aucune page officielle ne fait état d’un retrait ou d’une suspension.

Qu’est-ce qui change le 15 octobre pour les ALD ?

Le décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026 vise la durée maximale dérogatoire d’indemnisation. Jusqu’ici, les assurés en ALD pouvaient toucher des indemnités journalières (IJ) pendant trois ans au plus. Ce délai tombe à un an pour les ALD non exonérantes, celles qui n’ouvrent pas droit à une prise en charge à 100 %. Les ALD exonérantes gardent trois ans.

La nouvelle durée s’applique aux arrêts prescrits à partir du 15 octobre 2026. Elle vise aussi les arrêts en cours qui atteignent six mois à partir de cette date. Les salariés déjà arrêtés depuis plus de six mois au 15 octobre restent sous l’ancien régime, précise le ministère du Travail. Une nouvelle période d’indemnisation suppose une reprise du travail d’au moins un an.

Selon la veille du Journal officiel de l’UNSA, un second décret, n° 2026-867, applique la même réforme aux travailleurs indépendants, aux ministres des cultes et aux fonctionnaires.

Le décret n° 2026-866 prévoit aussi une sanction contre l’assuré. Depuis le 19 septembre 2026, celui qui cherche à obtenir un arrêt non justifié par son état de santé peut être sanctionné.

Date Mesure Texte
1er septembre 2026 Motif médical obligatoire, plafonds de 31 et 62 jours Article 81 de la LFSS 2026, décret n° 2026-498
19 septembre 2026 Sanction de l’assuré qui cherche à obtenir un arrêt injustifié Décret n° 2026-866
15 octobre 2026 IJ limitées à un an pour les ALD non exonérantes Décrets n° 2026-866 et n° 2026-867
Début 2027 Adaptation des logiciels AATi Annonce de l’Assurance maladie

Une autre réforme est-elle en préparation ?

Oui, mais sans texte à ce stade. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé des discussions avec les partenaires sociaux sur les arrêts maladie, rapporte Egora le 21 septembre. Il s’exprimait à la clôture de la Conférence travail emploi retraites.

Selon le même article, le Premier ministre Sébastien Lecornu vise environ 2 milliards d’euros d’économies sur ce poste. Les pistes évoquées : distinguer arrêts courts et longs, viser « la responsabilisation des acteurs, que ce soit prescripteurs ou usagers », miser sur la prévention.

Que reste-t-il à préciser ?

Le montant de la sanction de l’assuré ne figure pas dans les pages officielles consultées. La date de la nouvelle version du Cerfa n’est pas connue, pas plus que le calendrier de la concertation. La prochaine échéance ferme reste le 15 octobre 2026.

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Questions fréquentes

Le motif médical est-il visible par l'employeur ?

Le motif est renseigné à l'attention du service médical de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), précise ameli.fr. Sur le Cerfa papier, il figure au volet 1, dans la rubrique « éléments d'ordre médical ». L'assuré adresse le volet 3 à son employeur.

Qu'appelle-t-on une ALD non exonérante ?

C'est une affection de longue durée qui n'ouvre pas droit à une prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Les ALD exonérantes, mentionnées aux 3° et 4° de l'article L. 160-14 du Code de la sécurité sociale, gardent une durée maximale d'indemnisation de trois ans.

Sources

  1. De nouvelles règles de prescription d'arrêt de travail en vigueur depuis le 1er septembre — Assurance maladie (ameli.fr)
  2. Indemnisation en cas d'arrêt maladie : ce qui change au 15 octobre 2026 — Ministère du Travail (Code du travail numérique)
  3. La durée des arrêts de travail plafonnée depuis le 1er septembre — Service-public.fr (DILA)
  4. Arrêts de travail pour maladie : ce qui change au 1er septembre 2026 — Assurance maladie (ameli.fr)
  5. Arrêts maladie : baisse de la durée d'indemnisation de certains arrêts longs — Service-public.fr (DILA)
  6. Quoi de neuf au Journal Officiel du 18 septembre 2026 ? — UNSA
  7. Arrêts maladie : le Gouvernement va consulter les partenaires sociaux avant une 'réforme ambitieuse' — Egora

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